Promised land of hope

Publié le 27 Avril 2013

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Catherine McNeil by Christian MacDonald 2

Catherine McNeil by Christian MacDonald 5

Catherine McNeil by Christian MacDonald 4Catherine McNeil by Christian MacDonald 6

 

Instant Angela ,instant cinéma

free angela 5 Free Angela film (Bande Annonce)

Free Angela

 

Documentaire de Sofia Lycnh retraçant l'histoire d'Angela Davis de son renvoi de l'université de Californie en tant que professeur jusqu'à l'issue du procès l'inculpant pour meurtre ,kidnapping et conspiration dans l'affaire de la prise d'otages d'un juge par des prisonniers qu'elles soutenaient ,Free Angela est très intéressant mais tout de même un peu long et pas toujours très clair .Alors que le film permet de bien comprendre le contexte sociale et politique des Etats-Unis dans les années 70 -notamment par rapport au racisme envers les Noirs ,à la condition féminine ,au sexisme et à la condition des prisonniers - et l'engagement d'Angela Davis dans un communisme "utopiste" ,sa deuxième partie ,consacrée au procès ,est un peu floue pour qui ne connaît pas bien le système judiciaire américain .De plus ,le procès étant très long (en gros ,son emprisonnement et le procès s'étalent sur 16 mois) ,la partie qui lui est consacrée l'est aussi et ,ça a beau être intéressant ,on finit un peu par saturer .Pou revenir au communisme "utopiste" ,j'emploie ce terme car ,à l'époque à laquelle sort le film ,l'on ne peut s'empêcher de penser à ce que put être le communisme en URSS ,au Cambodge ou en Allemagne de l'Est et à quel point il a totalement différé des revendications humanistes d'Angela Davis dans son engagement marxiste .C'est pour cela que l'on tique quand ,dans le documentaire ,l'on voit Angela Davis montrer ,le sourire aux lèvres et presque la larme à l'oeil ,des dessins que lui envoyaient en prison des enfants absolument pas influencés et manipulés ...d'Allemagne de l'Est .L'on comprend que dans le contexte de l'époque et dans ses idées politiques ,le communisme comme il fût appliqué en RDA n'était pas ce qu'elle soutenait ,mais le manque d'analyse du documentaire sur ce décalage est gênant .Il en est de même pour le port d'armes : alors qu'Angela Davis recevait de nombreuses menaces de mort ,elle avait fini par acheter quatre armes .L'achat d'armes aux Etats-Unis et d'autant plus dans ce cas de figure est plutôt "justifié" mais deux points m'ont tout de même gêné : premièrement (et ça n'a aucun rapport avec le documentaire en tant que film) ,pourquoi quatre ? Et deuxièmement ,pourquoi l'achat et le port d'armes est-il présenté de façon aussi naturelle ?Pourquoi n'y a-t-il aucun recul ?C'est comme si on nous "jetait au visage" une évidence incontestable : que tout le monde puisse acheter et se servir d'armes est totalement normal et il n'y a pas à le revendiquer .Mais mis à part ces points sur le communisme et les armes qui m'ont irriter ,le documentaire est très bien ,très instructif et à voir pour qui est intéressé par le sujet .

 

Promised land

 

Pour ce film ,Gus Van Sant a filmé les Etats-Unis comme on les voit dans les manuels de géographie : d'immenses étendues agricoles à perte de vue .Des champs à n'en plus finir ,des cultures vertes et jaunes ,des fermes trop grandes sur des terres trop larges d'un pays trop vaste .Sauf qu'ici ,les fermes ne prospèrent pas et les élevages n'ont pas tous le cuissot gras .Steve Butler (Matt Damon) et Sue Thomason (Frances McDormand) sont envoyé par Global -firme d'exmploitation du gaz de schiste- dans un bled du Nord-Est américain où les paysans sont petit à petit ruinés par une agriculture qui ne leur rapporte pas grand chose .Lorsque Steve et Sue arrivent et proposent aux habitants de ce village d'exploiter les riches ressources souterraines de leurs terres contre un gros paquet de dollars ,tout le monde est enthousiaste .Enfin ...presque tout le monde et dans un premier temps .Frank Yates (Hal Holbrook) ,spécialiste reconnu en physique et ancien ingénieur chez Boeing se présentant modestement comme professeur de sciences au collège du coin ,se lève dans l'assemblée qui est rassemblée pour assister au beau discours de Steve et il parle .Il conteste la vision uniquement positive que Steve et Sue donnent de l'extraction du gaz de schiste et informe la communauté que cette extraction fait recours à la fracturation hydraulique qui entraîne une pollution des sous-sols et donc des terres .Sur ce ,les emmerdes vont commencer : la crédibilité des envoyés de Global va s'en voir ternie (alors que l'on se rend compte au fil du film que Steve Butler est un gars honnête et bien intentionné ,prêt à reconnaître publiquement les méthodes parfois douteuses de Global) ,d'autant plus quand un écolo répondant au nom de Dustin Noble (John Krasinski) débarque et fait tout capoter en témoignant de la mort de ses vaches puis de la ruine de sa ferme et de sa famille ,tout cela à cause des substances polluantes dues à l'extraction du gaz de schiste .Branle-bas de combat pour Global !Steve et Sue vont devoir alors redoubler de statégies pour récolter des signatures et des votes auprès du village .Mais Global a tout prévu et envoie sur le terrain des personnes que l'on aurait pas soupçonné ... Avec une très belle photo et même de l'humour ,Promised land est un bon film de Gus Van Sant ,très différent de ce qu'il fait habituellement (moins lent ,moins contemplatif et plus "classique" ,autant au niveau esthétique que narratif) .Les acteurs sont très convaincants (notamment Matt Damon et Frances McDormand qui sont vraiment de très bons premiers rôles) et le film réussit à se moquer des écologistes comme des grandes firmes d'exploitation de gaz sans être manichéen ou simpliste .

 

The land of hope

 

Revenant sur la catastrophe de Fukushima ,Sono Sion livre un film à la fois poétique ,triste ,effrayant et marquant ,qui ne vire pas dans le macabre alors que ça serait très facile .L'histoire se déroule à Nagashima ,endroit au nom lourd de sens ,contractant les noms de "Nagasaki" et "Fukushima" .Un an après l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima ,un tremblement de terre frappe la région et entraîne une nouvelle d'explosion d'une centrale nucléaire .Dans un premier temps ,les autorités ne réagissent pas ,n'informant pas la population de cette explosion .Puis elles finissent par évacuer la population vivant dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale ,traçant une ligne en plein milieu de quartiers ,de rues ,de jardins .Une ligne absurde voulant dire que d'un côté l'on est en danger ,exposé à la radioactivité et de l'autre ,non .Cette ligne va séparer deux familles : les Ono et les Suzuki .Alors que les Suzuki vont être évacués vers des centres d'hébergement ,les Ono vont pouvoir rester chez eux ,leur jardin coupé par une banderole jaune .Yasuhiko Ono (Isao Natsuyagi) ,éleveur de vaches laitières ,ne croit pas les autorités et leurs indications fallacieuses (le film est en partie une critique de la manipulation qu'exerce les médias sur la population affolée et aussi une critique de la crédulité de cette même population) .Il va donc ordonner à son fils Yoichi (Jun Murakami) et à sa belle-fille Izumi (Megumi Kaguzaka) de quitter le village et de partir loin ,là où la radioactivité sera moins forte .Lui ,il reste sur place avec sa femme .Cette dernière a la maladie d'Alzheimer et la changer d'environnement lui serait trop difficile .Puis comme dit Yasuhiko ,ils sont âgés ,ils ont fait leur temps et l'irradation ,il s'en moque bien .Yasuhiko et Chieko (Naoko Ohtani) vont donc rester là ,à Nagashima ,continuant à cultiver leur potager et à prendre soin de Peggy ,la chienne des voisins partis .Le film se partage entre l'histoire de cette famille réfugiée dont la belle-fille ,Yoko (Hikari Kajiwara) ,veut à tout prix retourner chez elle ,c'est à dire dans une zone fantôme ,totalement détruite et sinistrée ;et l'histoire de la famille Ono ,dont le père va peu à peu sombrer dans une désillusion totalement détachée .Désillusion tellement détachée qu'elle ne nous déprime pas vraiment : elle prend place dans ce lieu infecté ,hautement dangereux mais calme ,sans morts ni bâtiments détruits ,dans cette ferme paisible dans un village vide .C'est cette poésie de The land of hope qui crée une distance entre cette histoire tragique et ses personnages .Les scènes tournées dans ce village détruit ,récouvert de neige et au bord de l'eau ont quelque chose de féerique alors même que c'est l'anéantissement qui y règne .Ce sont d'ailleurs ces images qui font du film un film contemplatif ,un peu long parfois ,mais on en sort marqué et épaté de tant de douceur et de justesse sur un sujet si grave .

Rédigé par Clémence

Publié dans #Cinéma

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