Les polas d'Ira

Publié le 29 Juin 2013

Instant Blanche Dubois ,instant cinéma

TENNESSEE WILLIAMS (la chatte sur un toit brulant)

Un tramway nommé désir

 

Je n'avais jamais vu ce film pourtant culte .Et je ne m'attendais absolument pas à ça .Je pensais voir un film empreint de sensualité ,avec une actrice principale très belle ,type bombe hollywoodienne ,et un Marlon Brando séducteur malgré lui .Mais pas du tout .Est-ce moi qui pense trop cliché ou tout ce que j'ai pu lire et entendre sur ce film qui l'a faussé ?Je ne sais pas mais donc voilà ,film déroutant mais très bon film à l'image étonnament moderne .Ce film de Kazan basé sur une pièce de théâtre de Tennessee Williams ,se déroule à la Nouvelle-Orléans ,dans le quartier français où vivent Stella Kowalski (Kim Hunter) et son mari ,Stanly Kowalski (Marlon Branndo) .Ce dernier est un ouvrirer "brut de décoffrage" ,pas aimable ,ayant tendance à boire et à être violent (à peine) .Mais le problème c'est que derrière ce caractère plutôt ignoble ,et beh ...il y a un corps plutôt pas mal du tout .Et ça ,Blanche Dubois (Vivien Leigh) -la soeur de Stella- semble le remarquer .Alors qu'elle vient s'installer chez sa soeur après le déclin de leur propriété familiale ,une étrange relation s'installe entre elle et Stanley ,oscillant entre mépris ,colère et sensualité (pour la sensualité ,c'est discutable) .Car le passé de Blanche n'est pas tout blanc (hahaha ce jeu de mot) et Stanley tient à le découvrir et à savoir où est passé tout l'argent de la propriété soi-disant "perdue" ,mais plutôt "vendue" selon Stanley .Plus le séjour de Blanche s'éternise ,plus la tension monte et l'armosphère devient carrément pesante .La colère ,l'énervement et les tensions s'accumulent ,notamment entre Blanche et Stanley mais aussi entre Stanley et sa femme et même entre les deux soeurs : dawa ! Blanche ,sophistiquée et toute parée de dentelles et de bijoux ,ne s'adapte pas au mode de vie de sa soeur et de son beau-frère qui passe ses soirées entre cartes et alcool .La chambre de Blanche est séparé du reste de l'apparement vétuste par un drap et la salle de bain est occupée bien trop souvent par Miss Dubois et ses éternels bains .L'on comprend peu à peu que cette dernière est un peu touchée du casque et sa folie va l'enfoncer de plus en plus bas ,dans l'estime qu'ont les autres d'elle et dans sa propre estime d'elle-même .Pour arriver à l'acte horrible ,qui survient à la fin du film .Je ne dirai pas ce qu'il se passe par soucis de ne pas spoiler mais ,cependant ,je tiens à préciser que "cet évènement dramatique" m'a particulièrement gêné par rapport au titre du film .Je ne comprend pas ce que le mot "désir" vient faire dans le titre .Car c'est de la violence et non de la sensualité .Seule ombre au tableau d'un superbe film à l'image magnifique .

 

Marie-Pierre Pruvot, dite Bambi.

Bambi

 

C'est beau ,c'est intelligent et c'est touchant .Ca ne dure qu'une heure et on ne la voit pas passer .Marie-Pierre Pruvot a eu une vie dingue .Rude et dingue .Vie qu'elle a su mener grâce à son intelligence qui ne cesse d'éclairer ce court film retraçant son histoire à travers sa parole .Elle parle ,elle dit ,elle raconte et on l'écoute dérouler le fil de son existence ,de son enfance algérienne à aujourd'hui ,femme enfin épanouie ,sur fond d'images d'archives ,d'extraits super-8 et du film de son interview ,face caméra .Car Marie-Pierre Pruvot raconte -mais pas que- les tourments et les obstacles qui ont peuplé son enfance durant laquelle le simple fait d'entendre son prénom était une souffrance .Car elle est née Jean Pierre et elle s'est toujours sentie fille .Elle raconte les essayages des robes de sa soeur ,les cheveux pour lesquels elle négociait un peu de longueur ,les kilos enveloppants son mal-être et les "petits seins" qu'elle a perdu à 15 ans ,quand la puberté arriva et que son corps s'affina .Elle raconte comment la coupe des cheveux ,la perte de cet ersatz de poitrine ou les remarques sur son désintérêt pour les jouets de son cousin furent autant de coups et de blessures laissées ouvertes par une société et un environnement qui ne comprenaient pas que l'on puisse être né dans le "mauvais" sexe .Je ne vais pas tout raconter ici -gardons de l'inconnu pour ceux qui iront voir le voir film- mais durant toute l'heure ,Bambi continue à raconter sa vie et ce qui frappe le plus ,au delà de son courage et de sa détermination incroyables ,c'est la brutale sincérité qui ressort de ses propos .L'on ressent absolument la souffrance qu'a été toute son enfance ,la douleur qu'elle a subi durant toute son adolescence et la violence qu'elle a supporté ,tout le temps ,tous les jours ,à travers les remarques ,les paroles ,les insultes ,l'incompréhension des gens pour qui Jean-Pierre devait trouver une femme et arrêter de se "peinturlurer ainsi" .Je pense que ce film -mis à part qu'il est très bien et très beau tout simplement en tant que film- peut vraiment faire prendre conscience à des gens pour qui les transsexuels sont encore "d'étranges personnes dérangeés mentalement" ,que se sentir homme quand on est né femme et vice versa (et ici ,je ne parle pas du cas des intersexes qui peut être tout autant source de souffrance) n'est pas une petite crise identitaire d'excentriques voulant se faire remarquer .Car j'ai encore dernièrement entendu qu'un travesti (et je ne parle pas de ceux qui se travestissent pour des spectacles mais de ceux qui le font au quotidien) c'est "quelqu'un qui veut se faire remarquer" .Et bien ,en allant voir Bambi ,si vous pensez comme cela ,je suis presque sûre que ça vous amènera à réfléchir et à envisager l'horreur que c'est d'être enfermé dans un corps qui trahit ce que vous êtes vraiment ,intérieurement .

 

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A bout de souffle

 

Scénario de Truffaut et mise en scène de Godart avec Belmondo et Jean Seberg comme acteurs principaux: ça ,c'est pas de la Nouvelle Vague de p'tit joueur .Ca c'est de la vraie Nouvelle Vague ,con !Bref bref bref ,comment c'est A bout de souffle ?C'est culte .Et c'est beau .L'image est parfaite ,le noir et bla est polala ,les acteurs sont beaux ,Paris est powowow et même le trait d'eyeliner de Jean Seberg est désirable .Bref ,océan de beauté ,carrément ,ouais ouais .Par rapport à Pierrot le fou ,j'avoue que je me suis ennuyée .Oui ,c'est pas classe de dire ça à propos d'A bout de souffle mais écoutez mes petits ,c'est vrai .Le film est ...long et lent et long et lent .La scène de la chambre doit bien durer une demi-heure et on la voit passer .Est-ce que le film est chiant pour autant ?Non ,pas vraiment .Un peu mais pas totalement chiant non .Parce qu'il y a une certaine poésie et que les plans sont trop parfaits pour être ennuyeux mais il faut être réveillé et motivé disons .Mais tout cela n'est que mon ressenti et beaucoupbeaucoup de gens vous diront que c'est un chef d'oeuvre à voir absolument donc bon ...Et ils ont probablement raison en plus .Que dire de plus ? "New York Heral tribuuuuuuuuune !" .

 

Blackbird

 

Il y a deux jours ,une furieuse envie de salle obscure m'a prise et une place pour Blackbird plus tard ,l'heure et ses quarante-trois minutes dans le noir commençait .Blackbird appartient à ses films qui passent étrangement lentement mais qui ne sont pas ennuyeux pour autant .You see what I mean ?Peut-être est-ce du à l'attente qui hante l'atmosphère du film .Attente que quelque chose arrive dans cette petite ville canadienne d'Eastport .Attente que la vérité soit crue .Attente que l'horreur prenne fin .D'ailleurs ,la fin du film est soudaine .Elle vous prend de court et laisse à nouveau ,Sean -le protagoniste- et vous ,dans l'attente .Mais que se passe-t-il dans Blackbird ?Le film raconte comment la paranoia et l'obsession de la "communauté" d'un Canada très etatsunisé ,va condamner un adolescent rejetté par la plupart des élèves de son lycée ,parce qu'il s'habille en noir ,porte du vernis et une veste à clous .Parce qu'il est rejetté ,Sean (Connor Jessup) va se réfugier dans un blog où il se fait surnommer "Blackbird" et dans lequel il narre des scénarios noirs de tuerie dans un lycée et d'histoires de vengeance .Et forcément ,si Sean le raconte c'est qu'il va le faire .Du moins ,c'est ce que croit la police quand elle débarque chez lui et son père ,de nuit .La possession d'armes de son père n'arrangera rien et Sean va très vite se retrouver embarquer dans une histoire de justice où on essaie de le persuader de plaider coupable car c'est comme cela qu'il pourra sortir de prison .Mais Sean refuse ,par principe .Pourquoi personne ne veut croire que des histoires dans des cahiers et sur un blog ,écrites par un ado harcelé et moqué ,ne sont pas juste "une histoire de vengeance" ?Comme lui dit son avocat ,la communauté a besoin d'un coupable et Sean le sera-t-il ou ne le sera-t-il pas ?C'est à voir sur grand écran .Un point en particulier qui m'a beaucoup marqué dans ce film ,c'est comment le renoncement à ce que l'on est pour pouvoir entrer dans une communauté prend toujours le dessus ,même chez les plus "intègres" .

 

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boysbygirls:

Niclas at ReQuest Model Management is our new face at Boys by Girls this week, photographed by Ira Chernova. Have a look at the full feature here.

outtake of my story with Staz for Unlimited; out in a couple of daysouttake of my shoot for an upcoming issue of Unlimited Magazine

Underwater by Ira Chernova
from archives Irina (Ford)

photos : Ira Chernova

Rédigé par Clémence

Publié dans #Cinéma

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