Vive le cinéma ! Le retour

Publié le 23 Juin 2011

C'est les vacances et je me morfonds .Solution ?Ciné .Télé .Film .

hitchthebirds

Les oiseaux

 

Après avoir vu Psychose il y a quelques mois ,je m'installais devant Les oiseaux avec impatience telle l'enfant devant un paquet de Haribo .En effet ,même si Psychose ne m'avait pas filé une frousse dingue ,il y avait bien une atmosphère flippante ,opressant ,angoissante , ..."Qui fait peur" quoi .Mais là ...Les oiseaux ont nous en fait tout un plat comme quoi c'est "culte" ,"traumatisant" ,"que tu vois plus jamais les oiseaux de la même façon après" blablabla .Mais non .Ok ne me sortez pas l'argument que ma mère m'a sorti CINQUANTE FOIS : "Oui mais il faut le resituer dans l'époque ,c'était novateur et inédit' .Ok ok ok je sais ça va .Certes c'était novateur en 1963 .Certes les effets spéciaux réussis en 1963 .Et certes ça faisait peut être peur en 1963 .Mais aujourd'hui ,non .Rien .Alors on va pas parler des effets spéciaux et tout le tintouin parce qu'ils sont fort mal faits et absolument pas réalistes (ce qui -même si c'est excusable- casse un peu l'effet de peur) .Mais bon ça on peut pas juger dessus ,c'était avec les moyens de l'époque .Non ,nous on va se concentrer sur l'histoire ,les acteurs (à ce que je sache l'humain n'a pas été finalisé en 1963) et l'atmosphère .Alors premièrement ,l'histoire .Bon ,elle vaut ce qu'elle vaut ;c'est quand même un brin abracadabrant (ou chelou dirons nous plus communément) et plutôt opaque cette histoire d'un couple d'inséparables livré "par surprise" par l'héroïne du film à la soeur d'un gars qu'elle connaît d'on ne sait où .Tu suis ?Non parce que moi ,même à la fin du film j'avais toujours pas pigé d'où elle connaissait ce gars .Homme qui a quarante ans bien tapé vis avec sa soeur de douze-treize ans et sa mère : psychopathe es-tu là ?Hormis le fait que la situation est peu crédible et que la vision de Melanie (Tippi Hedren) faisant de la barque en talons et manteau de fourrure est sensiblement ridicule ,l'histoire tient à peu prés debout (si vous acceptez de ne jamais savoir pourquoi -mais pourquoi donc ?- les oiseaux attaquent) .Passons aux acteurs : mis à part la prestation de Role Taylor dans le rôle de Mitch Brenner et celle de Tippi Hedren dans le rôle de Melanie Daniels (et encore ...) ,ça laisse à désirer : les personnages de la soeur Cathy (Veronica Cartwright) et de la mère Lydia (Jessica Tandy) -qui tiennent une place importante dans le film- sont vraiment bof .Elles jouent -toujours selon mon humble avis- comme des ...pieds et la gamine a apparemment pris trop d'helium au berceau .Heureusement ,l'institutrice elizabethtaylorienne répondant au doux nom d'Annie Hayworth (Suzanne Pleshette) est convaincante mais comment on dit "ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier" (vous comprendrez si vous regardez le film) .Reste l'atmosphère .Et beh là ...zéro .Aucune angoisse ,aucune peur ,aucun suspens .Juste un peu de gaure (et encore ...du gaure 1963) quand les oiseaux attaquent ou que Lydia découvre le cadavre d'un homme tué par des mouettes .Alors pour le "suspens hitchcockien" on repassera .La scène qui m'a fait le plus flipper ("frissoner" plutôt) est personnellement la dernière scène où Mitch tente de s'enfuir et celle où les corbeaux se rassemblent sur une structure en métal dans un parc .Vous voyez le truc ?Donc que dire ?Oui c'est peut-être culte mais ça a mal vieilli .Et tu peux le regarder seul dans le noir un soir de pleine lune ,t'inquiètes ,tu dormiras comme un bébé .

 

No direction home

 

Nous sommes ici en présence de deux hommes fort exceptionnels : Bob Dylan et Martin Scorcese .Et des non moins géniaux Allen Ginsberg ou Paul Nelson .Mais avant de commencer (si ceci n'est pas déjà un commencement) ,je vous préviens : si tu es un jeune foufou curieux ou tout simplement un amateur de Bob Dylan ,tu peux te lancer dans la lecture de cet article sans crainte d'un ennui mortel (quoique ça dépend encore de si mon écriture est mortellement ennuyeuse ou pas) sinon tu vas quitter ton clavier et te pendre .Pareil pour le documentaire que je m'en vais "chroniquer" : c'est du lourd ,pas un truc de mauviette ,si tu n'aimes pas vraiment ou ne connais pas vraiment Bob Dylan ,ne te lances pas dans son visionnage .Ce documentaire est long et pointilleux ,pas réservéau touriste de passage qui "voudrait voir à quoi ressemble ce bonhomme dont j'entends parler dans les magazines" .Voilà .Maintenant ,on peut y aller .Alors ?No direction home ,c'est comment ?Et bien génial mon ami .Génial .Géant même .C'est rare qu'un documentaire musical ou des vidéos de concerts retiennent mon attention (et oui ,on dirait pas mais pourtant ...) .En général ,les docs me font un peu chier ,c'est jamais très bien tourné ,ça s'épuise vite et on en vient presque à trouver le fond de l'artiste qu'on aimait tant ...chiant .Alors que là ...C'est tellement long que c'est en deux parties (la première dure 114 minutes et la seconde 93minutes : pas de la bluette comme je vous disais) mais c'est tout de même géant .Ca ne s'épuise pas ,ce n'est pas chiant et le fond de Bob Dylan en ressort indemne .Martin Scorcese a monté et assemblé des bouts d'interviews ,de concerts et de témoignages afin de raconter la vie de Dylan sans aucune voix off ,juste à travers la propre voix de Dylan et celle de ceux qui ont bossé avec lui, qui l'ont croisé et qui ont été ses amis .Alors quand je dis "sa vie" c'est mal dit .C'est plutôt à propos de "sa vie artistique" : son enfance est très vite expédiée et on attaque assez vite l'installation à Greenwich Village ,ses première rencontres "showbiz" et politiques malgré le fait qu'il martèle pendant les 3heures 3à et quelques de documentaire que non il n'est pas un chanteur politique et que non il n'est pas un chanteur engagé .Et pas engagé tout court d'ailleurs : comme l'explique Joan Baez (en le taclant un brin d'ailleurs) ,quand elle a voulu commencé à s'engager ailleurs qu'en musique ,il ne l'a pas suivi .Parce qu'il ne voulait pas être celui que l'on voulait qu'il soit : le militant aux chansons révolutionnaires .Et c'est là que ce documentaire est particulièrement intéressant : on découvre (du moins pour ma part) quelle importance hallucinante a eu Dylan auprés de toute une génération de jeunes américains révoltés contre leur propre pays .A quel point il est parti de rien .Où il esty arrivé .A quel point il a été controversé .A quel point les gens le huaient ,le sifflaient ,hurlaient des "Rentre chez toi !" sur scène quand il a osé un peu laissé de côté la folk ,l'acoustique ,le guitare-voix-harmonica pour la "pop" ,le "rock" ,cette musique de vendu à l'opposé du folk ,"la musique pure" .Et tout ça est assez impressionant ;je ne soupçonnais pas du tout toutes ces critiques dont il avait été la cible à la sortie de Like a rolling stone : un véritable "Judas" au lieu de ses fans les plus catégoriques .Alors voilà .Si vous aussi vous n'aimez pas les documentaires musicaux ,si vous aussi vous avez des doutes sur le caractère de petit con de Bob Dylan ,si vous aussi vous voulez ENFIN savoir si oui ou non Joan Baez et Bob Dylan étaient amoureux d'amour d'amourette et si vous aussi vous aimez sa voix nasillarde ,son allure -qui est , soyons d'accord ,incroyablement classe ,élégante ,fofolle et tout ce que tu veux- en Wayfarer et pantalons cigarette ,tu vas grave kiffer .Parce que c'est Scorcese+Dylan=peace&love forever my beautiful friend wesh .

 

Et oui Bob Dylan est bel et bien un petit merdeux prétentieux de première mais j'aime ça .Et sa façon de répondre aux journalistes est tellement bonne qu'elle pourrait être brevetée .

 

l'enfer chabrol

L'enfer

 

C'était je sais plus quel soir sur Arte et n'ayant jamais vu un Chabrol ,ma mère adorant Cluzet ,Emmanuelle Béart étant tellement belle que ça pique les yeux ,on s'est dit "go" .Alors voilà .C'est un film dur mais superbe : il porte parfaitement son nom d' "enfer" car c'est bel et bien ça ,l'étau se referme sur la jalousie qui finit par régner ,tragiquement .L'histoire ?Un jeune couple vit dans le Sud de la France (ça a été tourné à une heure de chez moi !Ok ...on s'en fout) .Elle est très belle et s'appelle Nelly ,il est très amoureux et s'appelle Robert .Ils finissent par se marier ,ont un enfant ,tout va bien .Ils vivent dans l'hôtel que dirige Robert et où Nelly aide à faire le service .Mais Nelly est tellement belle et lui tellement amoureux qu'il s'inquiète : avec une femme pareil ,forcément ,vous êtes pas le seul intéressé .Alors il a peur des regards des autres hommes et des autres hommes tout court ,il a peur qu'elle parte ,qu'elle préfère quelqu'un à lui ,qu'on lui la "vole" .Et l'élément déclencheur arrive : il la surprend avec "Martineau" (Marc Lavoine) dans le noir .Problème : ils n'étaient pas entrain de se bécoter comme il semble le croire mais simplement entrain de regarder des diapositives de vacances ,dans le noir certes parce que ça se regarde dans le noir des diapositives .Il a suffit qu'il les surprenne à côté ,proche l'un de l'autre pour que ça y est ,la folie commence .Alors déjà qu'il n'aimait pas Martineau (et pour des raisons évidentes ,Marc Lavoine est plutôt pas trop pourri sur le plan physique) désormais il en a peur .Persuadé que c'est l'amant de sa femme ,il la suit partout et les observe : quand elle va en ville il prie qu'elle n'aille pas chez le garagiste (Martineau est garagiste) ,quand elle fait une sortie en bateau avec lui il se cache derrière les arbres de la berge et guette le moindre contact physique .Il la suit ,lui court après et devient peu à peu malade .Malade de jalousie .Le jour où elle découvre qu'il la suit ,elle lui dit ,lui explique dans tous les sens qu'elle l'aime ,qu'elle n'a rien fait .Mais il n'entend rien ,pour lui c'est sûr : elle a couché avec Martineau et elle ne l'aime plus .Et c'est à partir de là que petit à petit on voit tout d'abord la violence naître puis l'irrationel puis la folie .Car oui ,Robert finit complètement fou dans le sens propre du terme .C'est un malade mental qui a des visions de sa femme le trompant et mûrit des envies de meurtre .Il l'enferme ,la flique ,la surveille .Il ne veut plus simplement qu'elle l'aime ,il veut qu'elle lui appartienne ,qu'elle soit sa chose .Et bien évidemment ,ça va très mal se finir .

 

Et je le rereredis ,prévoyez des lunettes : Emmanuelle Béart a dépassé le stade de la sublimitude .Et pour la petite histoire ,je sais pas si vous vous souvenzz mais l'année dernière on nous a baratiné pendant de longs mois sur des images découvertes d'un film inachevé de Clouzot avec Romy Schneider : c'était la première version de ce film .Avant qu'il ne soit repris par Chabrol .Voilà =) .

 

 

Trainspotting

 

C'est sale ,c'est glauque ,c'est sombre mais c'est bien .La lumière est perpétuellement grise comme le ciel d'Ecosse qu'ils ont au dessus de leurs têtes .Leurs visages sont d'un blanc sale et leurs fringues ont fait un séjour dans la crasse .Leurs "apparts" sont moisis ,les murs troués ,leurs regards méchants ou désespérés ,un peu fous .Ils sont tous plus ou moins dingues et tous accros à quelque chose : la violence ,la dreu ,l'alcool ,l'argent ou les filles .Ou tout à la fois .Begbie est inbuvable ,Sick Boy un connard qui cache bien son jeu ,Spud un agneau crédule et Renton au milieu de tout ça .Con mais bon .Comme dans le livre .Jusqu'à présent tout est comme dans le livre .Mais moins bon que le livre .Les personnages sont moins "travaillés" je trouve (Spud a une place pus importante dans le bouquin par exemple) mais à part ça ...C'est bien .Que dire ?Pas grand chose .Y a de la drogue ,des fesses ,du glauque ,de la connarditude et de l'absurde .IIs sont sensés être potes mais se chambrent ,se battent ,se volent ,s'arnaquent .C'est une amitié crade et pourrie .Et tout ça à cause de la drogue .Du moins c'est ce que j'en ai tiré .Pour un film qui -si on reste en surface- donne l'impression de faire une éloge de la drogue (discours d'ouverture et de fermeture de Mark Renton) ,c'est tout le contraire .Est-ce que c'est triste ?Non .Pas vraiment .Pourtant y a des scènes dures ,très dures mais ...je sais pas ...c'est pas ...c'est pas tourné de façon pathos .Ils sont pas victimisés .C'est pas que le film dit que c'est leur faute ,non ,mais il ne présente pas ça non plus comme un horrible sort qui s'est abbatu sur eux à leur dépend : c'est comme ça .C'est l'aspect particulièrement réussi du film ,le point de vu est au final ,plutôt objectif .Tu interprètes comme tu veux et ,par exemple ,tu tires ce que tu veux du comportement de Tommy : il a plongé dans la came par choix lorsqu'il est allé quémandé un fix à Rent .C'est la faute de ce connard de Rent qui a cédé face à l'argent qu'il lui proposait ?C'est la faute de cet abruti de Tommy qui a dit "je suis un adulte" et est allé dans la dope de son plein gré ?As you want .C'est ça ce film : il ne juge pas les personnages ou leur histoire ,il constate .Et si j'ai lu pas mal de "critiques" disant qu'il cautionne la drogue ,je ne trouve pas du tout qu'il encourage sa consommation .J'étais entrain de manger quand j'ai vu la scène des toilettes et je peux ainsi vous dire que ,non ,vraiment pas ,ce film ne cautionne la drogue x) .

Rédigé par Clémence

Publié dans #Cinéma

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Moonlight Drive 23/06/2011 18:17


Super B.O., rythme effrené, humour noir, féroce et méchant, très bons acteurs ... bref j'ai adoré Trainspotting !


Clémence 23/06/2011 20:10



La B.O. est énormissime ,effectivement .



Moonlight Drive 23/06/2011 18:09


Les Oiseaux fait indéniablement parti de mes films préférés ! La première fois que je l'ai vu (il y 8 ans je dirais) il m'a fait très forte impression !