Trying to stop the waves behind your eyeballs

Publié le 19 Mars 2013

*
photos : Charlie Brophy
 
A tout à l'heure - Bibio / Burn - Iggy Pop and the Stooges / Le nouvel album Mala de Devendra Banhart / A day's pay for a day's work - Darkstar / Diane young - Vampire Weekend / Stabat mater - Woodkid / 3 minutes de baiser / Step - Vampire Weekend 
 
*
Instant Maharadjah,instant cinéma
Les Autres
 
Film d'angoisse espagnol (ils sont plutôt forts pour le genre) ,Les Autres se déroule presque exclusivement dans le noir et te fait gentiment frémir les poils des bras mais pas vraiment plus que ça .J'ai été un peu déçue car je m'attendais à avoir plus peur -bien que je ne m'attendais pas non plus à un film d'horreur .Mais bon ...Le manque de frissons ne fait pas de ce film un mauvais film pour autant et il est même plutôt bien foutu puisque bien malin sera celui qui devinera la fin .L'histoire se déroule en 1945 ,sur l'île de Jersey .Grace (Nicole Kidman) est la mère de Nicholas (James Bentley) et Anna (Alakina Mann) : ils vivent tous dans une vieille demeure du style victoriennequifaitflipper ,au bout d'une longue allée partant d'un portail rouillé ,qui grince tout autant que les branches nues des arbres centenaires ploient sous le vent ...ambiance !Mais que va-t-il donc se passer dans cette atmosphère extrêmement originale pour un film de la flipouille ?Il se trouve que Charles ,le mari de Grace n'est pas revenu de la guerre et qu'elle est donc bien triste et déprimée ,seule dans sa vaste demeure dont elle doit en permanence fermer les portes à clé derrière elle et surveiller l'ouverture ou la fermeture des lourds rideaux .Mais pourquoi donc ?Parce que ses deux enfants sont atteints d'un mal incurable : ils sont hypersensibles à la lumière et risquent de se couvrir de cloques -voire de mourir- s'ils y sont exposés .La faible lumière d'une bougie est le maximum qui leur est autorisé .Un jour ,des domestiques vont se présenter aux portes du domaine afin de se faire engager par Grace : Edmund (Eric Sikes) ,Bertha (Fionnula Flanagan) et la jeune et muette Lydia (Elaine Cassidy) vont réussir à convaincre Grace et à s'installer avec elle et les enfants dans leur grande maison .Mais depuis leur arrivée ,d'étranges sons se font entendre et Anne affirme à sa mère qu'un garçon nommé Victor ,ainsi que d'autres personnes ,vivent dans la maison avec eux et lui parlent .Grace ,très dévote ,refuse d'admettre ce que lui dit sa fille et la punit durement ,ne tolérant pas ces "fantasmes" et "enfantillages" .Ne pas croire aux fantômes mais croire à la création du monde en 6 jours ?Anne n'est pas d'accord et s'obstine .Jusqu'au matin où tous les rideaux auront été arrachés ...Qui a donc commis cet acte criminel envers les enfants ?Est-ce les domestiques ou les "intrus" ,les mystérieux habitants de la maison ?A vous de le découvrir si vous choisissez de regarder ce film réussi mais loin d'être extraordinaire .
 
Pollock
 
Réalisé par Ed Harris ,le film Pollock a aussi pour héros éponyme Ed Harris lui-même .D'après le livre Jackson Pollock : an American saga ,ce film retrace la vie artistique de Jackson Pollock ,de ses débuts difficiles dans son appartement de New York à la gloire ,puis la chute .Ce qui est particulièrement réussi ,c'est que même si vous ne vous intéressez pas spécialement à l'artiste ,même si vous ne connaisse pas grand chose voire rien à son propos ,le film reste intéressant et happant .Ed Harris semble vraiment "être" Jackson Pollock ,embourbé dans son alcoolisme et un état dépressif .Pourtant ,il y a dans sa peinture quelque chose qui jaillit et éblouit Peggy Guggenheim (Amy Madigan) en personne qui l'aide à se lancer en l'exposant dans des galleries et va même jusqu'à lui consacrer sa propre exposition ,son expo à lui tout seul (avec l'aide de son "assistant" Howard Putzel ,joué par Bud Cort) .Il n'en est pas alors à peindre ses célèbres toiles "éclaboussées" mais il a déjà quelque chose d'unique ,n'appartenant à aucun genre existant ,mais empruntant à beaucoup .Mais la première a avoir admiré ses toiles est Lee Krasner (Marcia Gay Harden) ,celle qui deviendra sa femme .Ils vont finir par s'installer ensemble ,loin de New York ,quelque part dans la campagne américaine où Pollock vivra ses dix années les plus prolifiques et glorieuses .On assiste à la naissance de ses plus fameuses toiles lorsqu'un peu de peinture tombe accidentellement de son pot ,formant gouttes et fines traînées sur le sol .C'est alors que le succès va vraiment devenir internationale et que l'argent va (enfin) finir par rentrer .Pollock va même arrêter l'alcool ...pour un temps .Je ne vais pas non plus tout vous raconter mais sachez que ce film n'a pas cette froideur qu'ont beaucoup de biopics voulant être à tout prix vrais ,très proches de la réalité .Ed Harris incarne incroyablement le personnage (oui je l'ai déjà dit mais ça doit être redit) et ...oui ,on y croit à fond .La photo est belle (plus spécialement dans les scènes filmées dans leur maison de campagne) et ce qui frappe est cette sorte de distance que semble perpétuellement garder Pollock avec son art : non pas qu'il ne prenne pas le melon -au contraire ,ça lui monte à la tête- mais il semble ne pas éprouver d'attachement particulier à ses oeuvres ,ne pas éprouver d'attachement particulier envers quoique se soit ,y compris envers sa femme .A voir très certainement .

Rédigé par Clémence

Publié dans #Cinéma

Commenter cet article