Robert&Jonathan

Publié le 4 Mai 2011

 

X

"Don't move your lips ,just shake your hips" - Shake your hips des Rolling Stones .

 

Alors que je reviens de trois (longs) jours perdus dans la montagne ariégeoise où on roule les "r" et élève des moutons ,je n'ai donc eu que peu de choses à faire à part manger ,dormir ,lire et tenter de ranimer les braise à l'aide d'un truc en bois ressemblant à un "chilom" dixit mon père .Pas-sion-nant .Alors de quoi vais-je vous parler ?De ce que j'ai mangé ?Que nenni !Même si je peux avouer une orgie de tartines beurre-cacao chimique en poudre ...De combien d'heures j'ai dormi ?Non plus .Même si je peux avouer que ...Chut .Non je vais vous parler de ce que j'ai lu et même de ce que j'ai lu AVANT de partir en Ariège car en ce moment ,je lis .Et oui ,aussi incroyale que cela puisse paraître pour une fille comme moi qui aime lire mais a la lecture difficile car elle est intoxiquée de l'ordi .Dernièrement ,j'ai donc lu La couleur des sentiments de Kathryn Stockett (titre nunuche mais livre point du tout) ,la moitié de Porno d'Irivne Welsh (nous verrons pourquoi "uniquement" la moitié) ,A propos d'un gamin de Nick Hornby ,Petit déjeuner avec Mick Jagger de Nathalie Kuperman ,La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano et Un roman français de Frederic Beigbeder .Ordre non chronologique ?

 

- La couleur des sentiments de Kathryn Stockett : au début je n'avais pas vraiment envie de le lire .Le thème (les "bonnes" noires dans les familles blanches) ,le lieu (Jackson ,Mississipi) ,l'ambiance (émancipation difficile des Noirs) ne me branchaient pas trop .Mais ma mère avait l'air tellement enthousiaste en étant sorti de ce livre et insistait tellement pour que je le lise que j'ai fini par céder .Me voilà donc avec ce "pavé" (certainement une lichette pour les endurcis de Crimes et Châtiments ou Twilight (bullshit)) entre les mains et la motivation en berne .Mais très vite on se laisse "happer" par le livre (et croyez moi ,ça m'arrive rarement) et la proximité de ces bonnes (je n'aime pas le mot mais "domestique" est -selon moi- encore pire) confrontées au racisme ,à l'ignorance ,au mépris mais aussi à l'amour des bébés blancs qu'elles élèvent comme si s'étaient les leurs .Alors vous allez dire "Au secours !Trop d'amour !" .Mais point du tout : le livre ne plonge jamais dans le mièvre et fait même dans le grave quand le Ku-Klux-Klan se ramène ou quand les problèmes personnelles de chacunes doivent rester confinés dans leurs têtes et ne surtout pas ébranler la jolie routine des maisons blanches où elles travaillent ."Chacunes" car ce roman est bel et bien un roman de femmes où les hommes sont discrets .Pourquoi est-ce si bien ?Car c'est fin ,il n'y a pas de "méchants blancs" ou "gentils noirs" ,de "vulgarisation" de la situation ,on se rend bien compte que la ségrégation n'était pas un problème si simple que ça à défaire et que certains Noirs préfèrent presque ça à être mélanger aux Blancs ,ces êtres les persécutant .Alors bien évidemment je ne dis pas que les Noirs sont contents de la ségrégation raciale et de leur sort ,LOIN DE LA mais on se rend compte que ...comment dire ...c'était une situation délicate et même à l'heure où les Etats-Unis vivait la révolution Martin Luther King ,certains états ne connaissaient pas encore Bob Dylan ,les "démocrates" et les mini-jupes ,comme ce fameux état de Jackson ,véritable "enfer pour Noirs" .D'ailleurs quand Skeeter -une des héroïnes du livre- ,blanche et riche de surcroît- se lance dans son "grand projet" (que je ne dévoile pas là pour vous laisser le découvrir vous même) même si c'est en faveur des Noires ,ces dernières ne sont pas forcément très très partantes (et elles ont leurs (bonnes) raisons) .Aors ,à lire ?Très certainement car Minny ,Aibeleen ,Mae Mobley et les autres deviennent attachantes au point où il est difficle de lâcher ce "pavé" qui s'allège tout d'un coup .

 

- Porno d'Irvine Welsh : ça sera bref pour celui-ci .Autant j'avais beaucoup aimé Trainspotting malgré ses insultes ,ses "mots grossiers" ,ses junkies ,ses putes et ses rues sales et pleine de pisse .Cette "vulgarité" était présente mais bien tournée .Il n'y en avait pas trop .Irvine Welsh semblait avoir bien contrôlé le truc ,savoir s'arrêter quand il fallait .Mais pas dans Porno .Ca faisait deux ans que j'avais lu Trainspotting et je n'ai jamais vu le film : oui mon souvenir du bouquin était peut-être un peu "magnifié" comme on a tendance à le faire avec les souvenirs en général .Mais là ...même en considérant que j'avais arrangé le "tableau Trainspotting" dans ma tête ,je n'aurais pas pu l'arranger au point d'atteindre cette déception .En gros : ma déception est bel et bien réelle et justifiée .Pourquoi ?Porno est trop : trop vulgaire ,trop de drogues ,trop de sexe ,de glauque ,de "fuck" ,de "shit" ,de mauvaise foi aussi .Parce que ,genre ,le seul moyen de gagner de l'argent pour ces pauvres petits choux de connards est de faire un film porno .Genre ...Genre .Alors voilà .Peut-ête que cet échec est aussi du au fait qu'il ne subsiste que Renton (faible présence ,du moins dans la première moitié du livre vu que je ne suis pas allée plus loin) ,Spud (la même) et Sick Boy (débectant ici) et quelques autres mais ne méritant pas d'être mentionner vu l'infime place qu'ils tiennent .Trop de "trop" tue le "trop" et Irvine Welsh devrait en tenir compte .Si vous avez aimé Trainspotting et que vous vous êtes attaché à ses personnages ,ne lisez pas Porno (du moins selon mon humble avis) : ça ne vaut pas la peine et effritera l'image que vous en avez .Mon Spud je l'aime alors merde .

 

- A propos d'un gamin de Nick Hornby : je passe .C'est bien ,léger et grave en même temps ,agréable ,facile à lire ,usuelles références musicales .Rien à dire .

 

- Petit déjeuner avec Mick Jagger de Nathalie Kuperman : ne vous laissez pas avoir par le titre comme je l'ai fait .Beh oui écoutez ,c'est bien triste à quinze ans d'en être encore là mais en voyant "petit déjeuner" (=bouffe=convivialité=anecdotes sur Bouche Charnue) et "Mick Jagger" à côté ça m'a empli d'espoir et de joie telle une apparition de Krishna irradié du soleil divin .ERREUR .Certes c'est un livre plaisant ,vous n'allez pas le rejetter de toutes vos forces tel le mouchoir usagé mais -toujours selon mon humble avis- ça ne vaut pas le coup .Vraiment .Premièrement c'est étrange .Alors d'habitude tout ce qui s'apparente aux "freaks" -s'il n'a pas le mérite d'être "cool"- a le mérite d'être intriguant mais là c'est de la bizarrerie inintéressante ,juste spé et molle ,sans fond ,de la bizarrerie là pour tenter de pimenter une histoire plate et sans hauts mais sans bas non plus .On suit le délire fanatique d'une adolescente déséquilibrée -à la mère encore plus déséquilibrée- qui adule Mick Jagger et découvre avec son poster trônant dans sa chambre les premières images de la sexualité selon son imaginaire empli par Bouche Charnue (surnom que j'affectionne pour le chanteur des Rolling Stones) et les "pipes" .Oui ça paraît un brin intéressant comme sujet .Mais non .Je sais pas comment s'y est pris l'auteure mais ...beh comme j'avais entendu un (cruel mais juste) critique littéraire le dire à propos d'Amélie Nothomb : lire Amélie Nothomb c'est comme faire caca ,ça ne fait pas du bien ,ça ne fait du mal mais ça soulage (à peu de mots prés ,je ne prétends pas l'exactitude de la retranscription) .Et bien voilà .C'est sûr que c'est pas super sympa comme déclaration mais je dirais ça à propos de Petit déjeuner avec Mick Jagger .Et dommage pour la rockstar : Mick ,hide your eyes with your hands and cry ,it's alright .

 

- La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano : le film sort aujourd'hui et la bande d'annonce donne plutôt envie ,surtout sur cette mélodie de Bettie Davies eyes : convaincant .Le livre ?Il l'est aussi .Avalé en une journée (lundi je n'ai fais presque ça ...ah si ,j'ai bu du thé aussi et manger des tartines) ,La solitude des nombres premiers se déroule entre l'Italie et les Etats-Unis ,avec pour héros principaux Alice et Mattia ,deux introvertis brutalisés par la vie : harcelée par des petites connes au lycée pour l'une et masochiste se mutilant les bras pour l'autres .Ils ont tous les deux de multiples secrets dont deux particulièrement lourds : l'anorexie pour elle et le "meurtre indirect" de sa soeur pour l'autre .C'est un livre lent ,glauque ,triste et mélancolique .La fille est ultra maigre ,le gars ultra mutilé ,ils sont tous les deux paumés et traumatisés chacun à leur échelle .La fille se voit grosse et le mec aime le goût du sang .Ils sont étranges ,marginaux ,difficiles et perturbés : sans être des caricatures de "l'adolescence torturée" ,c'est pourtant un peu ce qu'ils sont même si leurs problèmes sont plus profonds .Et lorsqu'Alice et Mattia se rencontrent ,ce n'est ni le coup de foudre mais plutôt une évidence .Ils ne se témoigneront pas une amitié sans faille ,pas de câlins ,de grands rires ,de signes clairs et nets d'amour ou d'amitié mis à part ...mis à part ce que vous décrouvrirez si vous le lisez .Ce n'est pas une amitié criante et criarde mais quelque chose de doux ,de sous-jacent ,de profond mais de (très) discret .Ils ne s'en rendent pas compte mais c'est pourtant évident : ils sont plus que des meilleurs amis ,plus que des amants .Même éloignés ils se rapprochent et Mattia ne parvient pas à trouver mieux que les os saillants d'Alice ;Alice ne trouvera jamais plus attirant que les cicatrices de Mattia .Ils sont incroyablement différents mais très proches à la fois .Mattia reconnaît dans le cas des nombres premiers le lien qui les unit : les nombres premiers sont toujours séparés par un nombre et s'espacent de plus en plus plus on avance dans la numération ,mais ils reviennent toujours ,même quand vous les pensiez disparus .

 

- Un roman français de Frederic Beigbeder : ce livre m'a déçu .On en a dit beaucoup de bien ,il a eu un prix ,Frederic Beigbeder a une bonne réputation en tant qu'écrivain (même si on lui reproche sa "pédanterie dandyesque") alors why ?Beh ...c'est sûr que c'est bien écrit .L'histoire de Beigbeder est intéressante .Le ton n'est pas rebutant .La mise en scène (alternance prison/enfance) est intéressnte mais ...mais ça ne fait pas naturel .Il n'a de cesse de répéter qu'il n'a aucun souvenir de son enfance et au final il la raconte fort précisément .Il dit que c'est "l'homme libre" ,sans attaches pour au final conclure qu'il suit la meute à travers sa "débauche" .Il se répand sur son pauvre sort d'arrêté (et c'est vrai que ce qu'on lui inflige pour une ligne de cock sniffée en public est (très) excessif) et parfois c'est tout de même un peu de la mauvaise foi même si je n'émets aucun doute sur la dureté des conditions carcérales .Il est un peu ridicule quand il s'emporte subitement sur l'horreur du Dépôt alors qu'il n'a jusqu'alors que considéré la vie de son milieu fermé (milieu argenté de surcroît) .Alors oui ces arguments sont peut-être un peu légers et stupides mais j'ai eu l'impression qu'il y avait quelque chose "qui cloche" dans ce livre .Quelque chose de faux ,de pas naturel ,de déguisé .Comme si tout ça était un peu trop romancé pour une vie sensée être réelle .Certes le livre se nomme "Un roman français" mais ...Je ne serais comment dire .Ce livre est bien mais un décevant car ,oui ,l'ensemble sonne étrangement faux .Et un brin ampoulé ,comme si Beigbeder pensait impressionner la galerie ou faire ressortir la noblesse de sa famille par des phrases surchargées et faussement "profondes" .

 

Pharrell Williams                                                       Feadz

Barack Obama                                                     Nicholas Cage

 

Uffie's men .

Rédigé par Clémence

Commenter cet article

moonlight drive 05/05/2011 11:25


Je vois qu'on partage le même avis sur Un Roman Français :-)


moonlight drive 05/05/2011 11:25


Trainspotting !!!!!!!! Le film est génial !! Je ne savais pas qu'il y avait une suite ... mais je préfère rester sur mon excellente première impression :-)


Clémence 05/05/2011 11:57



Oui ,tu as raison ,"Porno" n'est vraiment pas indispensable .