Cinéma

Publié le 5 Novembre 2012

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Instant cucaracha ,instant cinéma

 

I'm sexy and I know it .

 

La Mouche

  

Ce film de David Cronenberg te fait pousser de grands "Aaaaaah !!!" de dégoût tandis que tu te caches les yeux et te retenant de déglutir ton repas : le vomi acide de mouche ,c'est pas très cool .Cependant ,ce n'est point un film d'horreur et ça s'apparenterait presque à Elephant Man au sens où le monstre ,aussi dangereux et repoussant ,soit-il est une victime .Car effectivement ,ce mutant homme-mouche nommé Brundlefly est à l'origine un jeune scientifique ,répondant au nom de Seth Brundle (Jeff Goldblum) ,qui a inventé deux cabines qui permettent ...la téléportation !Et ce Seth Brundle est interviewé par Veronica (Geena Davis) ,une journaliste qu'il rencontre dans une "soirée scientifique" et qu'il traîne chez lui pour qu'elle voit de ses yeux voit son incroyable invention à laquelle elle ne croit pas (sans blague ?!) .Mais mise face au fait ,Veronica est bien obligée de constater l'impensable .Et elle tombe accessoirement amoureuse de Seth .La romance commence entre eux jusqu'à la grosse embrouille qui fait que Geena va s'éclipser le temps d'une soirée .GRAVE ERREUR !Seth est si triste qu'il boit like un trou et finit bourré .Tellement bourré que Monsieur va faire sa petite expérience de téléportation HUMAINE tout seul .L'alcool entraînant le manque d'attention et de vigilance (l'alcool est à commencer avec modération mes enfants) ,Seth se fait avoir comme un con et n'est pas seul dans la cabine lorsque la téléportation se produit : la présence d'un tout petit insecte (une mouche comme vous aurez pu le deviner) va tout chambouler et créer l'irréversible horreur de l'horreur de l'Horreur de toute l'histoire de l'Horreur qui est la mut ...OK je me tais mais vous avez deviné de toute façon .Les changements psychologiques et physiques vont arriver de façon insidieuse ,sournoise voire même perfide ou fourbe (record de synonymes) pour déboucher sur le résultat final qui est pour le moins ...flippant .Alors là on dirait que je me moque mais sérieusement ,ce film est très bien .Vraiment très très bien .Et les effets spéciaux ne sont pas ni ringards en plus .A voir absolument (sauf si vous vivez dans un bled mouchophile) .

Frankenweenie

 

Aussi réussi que Les Noces funèbres ou L'étrange Noël de Mr Jack (pour ne citer que des films d'animation) ,Frankenweenie est tout aussi délicieusement barré ,ironique et drôle .Bien évidemment ça reste un Disney et donc ça se finit forcément bien et c'est gentil ...mais pas nunuche .Mention spéciale à Weird girl et son Mister Whiskers (photo) ainsi qu'à Edgar et Mister Rzykruski ,le prof de sciences le plus kiffant qu'il m'ait été donné de voir .Même si vous n'avez pas huit ans vous pouvez aller le voir sans vous ennuyer ou bailler devant un océan de guimauve : enfin ,on retrouve le Tim Burton de Beetlejuice .

The saddest music in the world

 

Totalement original et poétique ,absolument barré et à côté de la plaque ,ce film est incomparable .En 1933 ,pendant la Grande Dépression ,à Winnipeg au Canada ,Lady Port-Huntly -baronne de la bière- crée une compétition internationale : le concours de la musique la plus triste du monde .Se disant qu'en ces temps de crise les gens sont tristes et que plus ils sont tristes ,plus ils boivent ,Lady Port-Huntly (Isabella Rossellini) espère se faire beaucoup d'argent .En parallèle ,l'on suit l'histoire (ou plutôt la tristesse) de Roderick Kent (Ross McMillan) ,un violoniste qui se dit serbe et est inconsolable depuis que sa femme Narcissa (Maria de Medeiros) a disparu avec leur fils .Roderick ,dépressif notoire à l'apparence de corbeau déplumé ,est le frère de Chester (Mark McKinney) .Ce dernier est un ancien amant de Lady Port-Huntly totalement opposé à son frère : rire gras et joie de vivre du bon vivant un peu vulgaire .Lorsqu'il entend parler de cette compétition ,il se rend au Canada avec sa copine mâchée du bulbe et évaporée -mais charmante- qui ressemble étrangement à Narcissa ...Il souhaite candidater pour représenter les Etats-Unis mais après "l'accident" dont a été victime Lady Port-Huntly en sa présence ,la demande s'avère délicate : en effet ,elle a perdu ses jambes dans des circonstances plutôt glauques à la suite d'un accident de voiture où le père de Chester (David Foxx) conduisait et où Chester-sobre- n'a rien fait pour arranger la situation .D'ailleurs ,le père de Chester candidate lui pour représenter le Canada ...et Roderick candidate pour représenter la Serbie !Les "retrouvailles" vont ainsi avoir lieu ,toutes plus ubuesques les unes que les autres : entre le grand lavage de linge sale et des tableaux complètement oniriques menés par une musique hypnotique (et pas forcément si triste) ,The saddest music in the world est difficile à décrire tellement il est unique en son genre .Un peu difficile d'accès au début ,il demande un peu d'attention et d'effort mais finit par vous absorber .Sa très belle musique ainsi que les prothèses de jambes les plus incroyables que vous n'avez jamais vu devraient finir de vous convaincre de voir ce film doucement fou .

"Tell Me Lies", de Peter Brook.

Tell me lies

 

Docu-fiction sur un jeune couple londonien engagé contre la guerre du Viet-Nam en 1968 ,Tell me lies -de Peter Brook- est à la fois très intéressant du point de vue politique et sociologique (personnellement ,j'ai ENFIN compris toutes les embrouilles entre Angleterre ,Etats-Unis ,URSS et Viet Nam durant cette période) mais aussi du point de vue musique et mode .Car oui ,certes ,l'on voit pas mal de photos "choc" (notamment extraites de tentes où l'on soignait tant bien de mal les vietnamiens brûlés au napalm) mais elles côtoient toute une ambiance très "color block" -comme dirait ELLE- de ces années-là .A la fois engagé et esthétique ,ce film est donc un concentré de l'année 1968 (ou du moins ce qu'il en reste dans l'imaginaire collectif ,je ne parle donc pas de CA) .C'est difficilement descriptible au sens où c'est un mélange d'images d'archives ,de comédie musicale (parties chantées : un aperçu dans la super bande d'annonce) et de parties jouées tantôt grandement inspirées de la réalité ,tantôt moins .En plus ,il apprend et explique des trucs comme l'immolation contestatrice de Norman Morrison devant le Pentagone (je connaissais celle du moine bouddhiste mais pas celle de Morrison) et même que Stokely Carmichael (militant Black Panther) y fait une appartion où il expose le pourquoiducomment le massacre des civils vietnamiens représente alors tous les massacres des "communautés" ayant été victimes de l'impérialisme blanc .La guerre du Viet Nam apparaît ,grâce à ce film ,comme un conflit beaucoup plus clair et actuel : même si elle a pris fin depuis 37 ans ,on sort de ce film en y pensant souvent et en se posant beaucoup de questions .Car même s'il dénonce l'absurdité de la guerre ,il expose aussi la difficulté de prendre part pour ou contre l'intervention américaine car les arguments des deux côtés sont bien pesés(même si le film prend clairement position contre l'intervention américaine et que ,bien évidemment ,ça ne justifie aucunement les bombardements au napalm ,les massacres de civils etc) .Et là où c'est très fort c'est que tu sors donc de ce film informé ,intéressé et concerné mais nullement déprimé .C'est sérieux et les problèmes et images sont graves mais ce n'est pas pour autant un gros bon film bien plombant pour bien te faire culpabiliser d'être blanc et dire "Booooouh les gros salauds d'américains baaaah !" .A voir .

Instant culture ,instant "je veux en savoir plus" : la chanson Tell me lies du film est une mise en musique de ce poème d'Adrian Mitchell .

Mauvais sang

 

C'est très beau ,très esthétique ,très léché .Ma mère (grande témoin des années 80 et de la folie permanente caniche) m'a assuré que "ce film fait très 80 : c'est sombre ,c'est noir ,ils n'ont pas vraiment l'électricité" .Denis Lavant est très bon .Piccoli aussi .Carax aussi .Tout le monde est bon .Même Julie Delpy .Il y a juste Juliette Binoche .Jeune ,jolie ,douce ,fragile mais tellement fragile ,tellement douce que tu as envie de lui fracasser la tête contre un mur : elle ne fait que sussurer durant tout le film d'une petite voix insupportable .Sachant que pendant tout le début du film elle est entièrement mutique et que tu attends avec impatience sa première réplique ,et bien tu le regrettes dès qu'elle a ouvert la bouche pour faire autre chose que respirer : Chut ! Stop ! Tais toi ! Trop de petite voix tue la petite voix .Après ,est-ce que c'est bien ?Disons que c'est du pur ultra concentré haute teneur en cinéma d'art et d'essai .Et j'aime ça hein ,aucun problème .Mais là ...Ca devait être trop cérébral pour moi : très très très très ...trèèèès lent .Très contemplatif .Des phrases comme récitées sur un ton monocorde .Mais la mise en scène ,ce rappel constant des mêmes couleurs (noir ,blanc ,rouge) ,les choix musicaux ,cette ambiance très étrange liée à Carax , ...Tout cela est très réussie .Seulement ...c'est long .Long et lent .Donc c'est un bon film évidemment mais il faut s'accrocher pour tenir jusqu'au bout .

Rédigé par Clémence

Publié dans #Cinéma

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Jeux gratuit 19/11/2012 10:44

La mouche... Brrr :(