Memories blur and they make me shudder

Publié le 8 Septembre 2012

Instant Vanina-a-a-a ,instant cinéma

"Qui dit le bénédicté ?"

Killer Joe

 

Mon Dieu que ce film est barré .Un vrai concentré ,un vrai nectar ,un vrai sirop pur sucre de violence ultra pure (si l'on peut employer cet adjectif) .Un véritable ...shoot de sang ,de coups ,de blessures ,de gueules cassées ,d'humiliations et de glauquicité (nein ,ce mot n'existe pas) .C'est crade ,sale ,glauque ,mauvais ,méchant ,atterrant ,très très très très très violent .Je ne saurai comment vous décrire suffisamment le choc qu'est ce film .Vraiment ,ils l'ont interdit au moins de 12 ans et pourtant j'ai vu tous les Tarantino ,j'ai vu Requiem for a dream et autres joyeusetés (vous direz peut-être "Requiem for a dream ça passe crème" beh pour moi non ,ça passe pas crème) et je ne fuis pas face aux films violent mais là ...une interdiction au moins de 16 ans se justifierait parfaitement .Donc oui c'est un très bon film (de William Friedkin alias. Monsieur L'Exorciste) ,très bien filmé et très bien interprété (Matthew MacConaughey = powowowow ,la même pour la parfaite Juno Temple et Emile Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiirsch d'amour ...ok j'arrête) mais avertissements aux âmes sensibles : passez votre route ou vous quitterez la salle en vous cachant les yeux et vomissant .Y a tout : de la violence physique ,morale ,psychologique ,des coups ,du sang ,des blessures ,de l'acharnement ,de la vulgarité ,de la bêtise ,de la cruauté ,du presque viol , ...La to-ta-le .Et ne vous dîtes "Ouais non mais moi j'ai vu Reservoir Dogs ,on m'la fait pas" .Ou "Non mais moi j'ai vu No Country for the old man donc pousse toi d'là ,j'suis pas une mauviette" .Non .Non .N O N .Reservoir Dogs c'est Kikoo les Bisounours à côté .Mais à part tout cet état de choc ,comment est ce film ?Déjà ,rien que l'ouverture est super : écran noir ,pas de musique ,simples bruits de briquet qui s'ouvre et se ferme et de pas de santiags bien sudistes sur le sol .Puis là ,un éclair déchire l'écran entièrement sombre .Une voiture sur une route bétonnée .Presque rien autour .Et un orage qui déchire le ciel .Les images sont claires ,nettes ,se succèdent dans un style très "propre" ,super bien filmé .Même chose pour les voix et les bruitages : tout semble très bien placé .Comme si chaque silhouette se découpait parfaitement dans le paysage ,que chaque bruit avait sa place et sonnait avec la clarté d'un enregistrement studio .Cet aspect très "clair" détonne avec la pouasse dans laquelle baigne les personnages : cette famille de dégénérés totaux ,tous plus immoraux ,manipulateurs et pourris les uns que les autres .Chris (Emile Hirsch) ,petit dealer ,veut tuer sa mère pour avoir les 50000$ dollars de son assurance vie qui reviendront à sa soeur Dottie (Juno Temple) car il doit de l'argent à des dealers à qui il n'a pas payer la came .Il demande de l'aide à son frère Ansel (Thomas Haden Church) -très con ,très lâche ,type beauf bovin parfait- qui accepte .A condition qu'il garde de l'argent pour les études de Dottie -leur soeur- et qu'ils partagent ce qu'il reste avec Sharla (Gina Gershon) ,la femme d'Ansel .Seulement ,ils ne comptent pas tuer leur mère eux-mêmes .Alors ils engagent un tueur à gages ,Killer Joe (Matthew MacConaughey) ,qui va bel et bien faire son boulot mais tout serait trop simple si ça se finissait comme ça et que tout le monde ,dans cette petite famille d'atomisés du bulbe ,avait été honnêtes et francs ...Le cadre est un parfait mélange entre Sailor et Lula ,Blue Velvet ,No country for the old men et Reservoir Dogs ou Deathproof : une Amérique du Sud ,pas très loin du Mexique ,pourrie par la drogue ,crade ,vulgaire ,avec des familles dans la dèche et sans morale ,sans remords ,prêtes à à peu près tout pour le fric ,même à utiliser le physique de leur soeur et à tuer leur mère .Une ambiance entre clubs de strip tease sordides ,parkings de nuit ,fast food rebutants ,poulet frit dégueulasse ,maquillage à la truelle ,jeans trop gras et gueules trop couturées .Très bien réussi dans le genre .Très bon film .Mais très très violent (ce qui fait la différence avec la violence d'un Tarantino est qu'elle est ici -selon mon humble avis- beaucoup moins quatrième degré donc beaucoup moins drôle donc beaucoup plus crédible et dérangeante) .

 

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A single man

 

A chaque plan de ce film on a l'impression de voir les poils d'une brosse à cirage glissés harmonieusement sur le cuir lisse et brillant d'une parfaite chaussure Tom Ford .Pour homme évidemment .Colin Firth a tellement la pure classe ,ses lunettes sont tellement parfaites ,les yeux de Julianne Moore sont si travaillés ,le décor est tellement léché ,les acteurs sont tellement beaux (Tom Ford a du aller chercher dans les mannequins de ses défilés) et la photo est tellement belle que ,oui ,ce film crie silencieusement tout du long : "J'ai été réalisé par Tom Ford ,un créateur de mode !" .Mais pas que .Il ne s'est pas fait que plaisir : ce n'est pas ce genre du film où tu te dis "Ok ok ok c'est beau ,c'est recherché ,c'est stylé mais on se fait un peu chier non ?Le mec se serait pas regardé filmer un peu ?" .Non .C'est certes très beau mais l'histoire et les personnages tiennent aussi la route et tout ceci est très bien ficelé dans un film que tu as envie de regarder dans un pyjama de soie sobre ,chic et de fini à la main ,les pieds nus parfaitement manucurés et une tasse d'Earl Grey high quality à la main .L'histoire est celle de George (Colin Firth) ,anglais vivant à Los Angeles dans les années 60 et enseignant dans une université .Il vient de perdre récemment son compagnon avec qui il vivait une histoire d'amour depuis de nombreuses années peu dans le secret (être gay dans les années 60 disons) .Très triste ,il plonge dans une dépression qui le rend dégoûté de tout ,démotivé .Même sa grande amie (anciennement amante) Charley (Julianne Moore) -elle aussi anglaise- n'arrive pas vraiment à le réconforter .Il continue à aller donner ses cours ,impassibles ,n'affichant aucune tristesse ,toujours dans une sorte de contrôle et dignité très élégants .Il est intrigué par un de ses élèves -Kenny (Nicholas Hoult)- le dévisageant à chaque cours ,accompagné de son éternelle amie ,très fumeuse et très Bardot (Aline Weber) qui "gives you the eyes" .Persuadé que Kenny sort avec cette jeune fille ,il doute peu à peu lorsque Kenny le suit ,tente de lui parler après les cours et de se confier à lui .Entre temps ,il rencontre un autre jeune homme ,très brièvement : un certain Carlos (Jon Kortajarena) ,très beau gigolo ,avec qui George ne partagera qu'une cigarette alors qu'il aurait pu ...aller plus loin .L'on constate à travers ces deux rencontres à quel point George a du mal à se défaire du souvenir de Jim (Matthew Goode) et à quel point il songe de plus en plus à la mort ,semblant plus l'attendre que la redouter .On a l'impression qu'il se laisse vivre ,flottant lentement dans un espace temps un peu déphasé qu'il espère court .Mais même l'amour inconditionné pour Jim ne le rendra pas entièrement insensible à un certain éphèbe jusqu'à ce que ...Alors voilà ,ce film n'a pas vraiment d'histoire mais c'est cette suite d'évènements et voir à quel point la mort de Jim dévaste George qui fait tout le film et est très intéressant  : lui qui semble préoccupé par son apparence ,son allure ,a cette démarche si droite ,sûre d'elle et inchangée ,cet air fermé et confiant ;on le découvre fragile ,désespéré ,désemparé et très humain .Mais pas dans le sens niais ,pas dans le sens "Oh mais il est comme NOUS !" .Non ,juste dans le sens que ...comme ces personnes qui semblent n'avoir qu'à tendre la main pour tout avoir et qui pourtant ...

 

La solitude des nombres premiers

 

Déjà ,rien que le titre est beau .Mystérieux et beau .La grâce des titres un peu longs et chelous (non je ne parle pas de Il est plus facile pour un chameau ... qui n'a rien de très gracieux) .Le livre est lui aussi très bien et ...beau .J'ai lu le livre il y a deux ans de cela et avait raté le film au cinéma .Je me souviens avoir été vraiment touchée par cette histoire qui paraît assez tordue au premier abord mais s'avère finalement très crédible .En Italie ,deux adolescents se rencontrent dans une soirée où ils se sentent tous les deux aussi mal à l'aise l'un que l'autre .Elle s'appelle Alice ,est anorexique avec de grands yeux magnifiques et une tendance au mutisme .Il s'appelle Mattia et est un génie des mathématiques qui s'automutile et n'est pas vraiment à l'aise en société ,c'est le moins que l'on puisse dire .Ils ont tous les deux un lourd secret ,tous les deux un lourd passé et tous les deux des cicatrices morales et physiques .Alice a celle ,sur la cuisse ,de son accident de ski qui la rendra boiteuse .Mattia a celles sur les bras et le torse des plaies qu'ils s'ouvrent ,hanté par le souvenir de sa soeur jumelle .Ils sont tous les deux "inadaptés" et seuls et sont pourtant très proches ,liés comme par un fil invisible ,ne se touchant jamais ,ne se frôlant même pas mais comme irrémédiablement reliés ...comme les couples de nombres premiers .En grandissant ,ils se retrouveront après ne pas s'être vus durant sept années .Sept années où ils ont chacun évolué ...plutôt en mal .On y voit la solitude d'Alice ,tiraillée gamine entre une mère dépressive et ne mangeant pas et un père rondouillard et la tirant toujours à la compétition .La solitude de Mattia ,ayant dès 8 ans trop de responsabilités ,ses parents le laissant s'occuper quasiment H24 de sa soeur ,autiste et mentalement retardée s'opposant à l'intelligence incroyablement précoce et brillante de son frère .Ils ont tous deux connus un drame qui leur laissera des traces à vie .Et même s'ils vont suivre des voies très différentes et toujours sembler distants ,ils ont en permanence ce lien très fort et unique qui fait revenir Mattia en Italie -alors qu'il est fraîchement diplômé d'une prestigieuse récompense mathématique en Allemagne- un jour où une Alice maigrissime et dépressive lui envoie une courte lettre .Une fois de plus ,voici l'histoire qui semble vide et qui ne l'est absolument pas .Ils sont tous deux des personnes qui "accumulent" comme on pourrait dire : vraiment mal partis dans la vie et pourtant ...et pourtant ça n'ira pas bien pour autant mais ils ont chacun l'autre .Très beau ,étrangement filmé et parfois un peu déstabilisant mais à voir .En italien évidemment .

 

Je n'ai pas mis le nom des acteurs car il y en a trois par personnage pour trois périodes de leur vie donc ici ,la fiche du film .

 

*

 

Sinon ,en ce moment ,je m'éclate à observer et participier aux nombreux et variés bizutages qui ont quotidiennement lieu dans le centre de Toulouse ,quand je sors du lycée (marcher dans une fontaine en se prenant par la main sous les jambes ,écrire des messages obscènes -oh Ciel !- sur les bras d'un inconnu recouvert de numéros de téléphone ,entarter de jeunes futurs prépas aux têtes bien faîtes ,acheter un seul et unique bonbon pour 50 centimes , ...des plaisirs simples comme ça) .

 

Ghost - The Presets / Angels - The XX

 

Et une dose de Dream&Drive par The Kills et Kenneth Cappello ...

(en partie merci à Alix pour certaines photos)

The Kills #7

The Kills #13The Kills #10

From Dream & Drive.From Dream & Drive.

abstractedfromreality: The Kills: Dream & Drive - Photographs by Kenneth Cappello

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Rédigé par Clémence

Publié dans #Cinéma

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Marion Lannes 17/09/2012 21:50

Clémeeeence! Je suis toujours aussi inlove de ton blog ahah!
J'espère que tu as bien démarré ton année scolaire (bonne classes amis tout ça..), et je prie pour revoir ta tête de bellegosse trop stylée bientôt!
Tu remarqueras que j'ai un 'Tumblr' (oui j'ai opté pour la facilité et le comme tout le monde mais je ne suis pas aussi douée que toi..) bref voilaaa!
kissskisss baby!

Moonlight Drive 09/09/2012 21:41

Merci de m'avoir mentionnée :-) Dream and Drive est vraiment top, je suis ravie de l'avoir acheté :-)

Lilly 08/09/2012 12:42

C'est marrant que tu parles de A Single Man, je l'ai vu récemment aussi. Je ne savais pas à quoi m'attendre mais finalement il est pas mal. D'ailleurs, j'ai beaucoup aimé le jeu de contraste entre
couleurs "fades" et couleurs vives pour mettre en évidence les moments où il se laisse vivre et les autres où il revit (en tout cas, je l'interprète comme ça).